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    Les outils technologiques c’est de la triche?

    L’arrivée des technologies a révolutionné les méthodes traditionnelles d’éducation. Ces outils d’aide sont parfois méconnus par certains professeurs et institutions qui doutent encore de leur réelle efficacité. Cette barrière institutionnelle cause bien des frustrations chez les jeunes qui ont réellement besoin de ces outils. Ainsi, les outils technologiques, c’est de la triche? NON.

     

    L’égalisateur

    La technologie offre un potentiel d’aide énorme pour les élèves qui cheminent avec un ou plusieurs troubles d’apprentissage, un handicap et/ou un trouble du développement. La technologie est même souvent vue comme un « égalisateur » permettant de pallier aux défis que vivent ces élèves et de leur offrir une chance égale de réussir. La technologie peut offrir une voix aux élèves qui ne peuvent autrement s’exprimer, elle peut lire un texte aux élèves qui ne peuvent pas lire et rendre autonomes en écriture des élèves qui, à cause d’un trouble d’apprentissage comme la dyslexie, n’arrivent pas à écrire. La technologie redonne accès à l’inaccessible.

     

    « Pour la plupart d’entre nous, la technologie rend les choses plus faciles. Pour une personne qui vit avec un trouble d’apprentissage ou un handicap, la technologie rend les choses possibles. » –Judith Heumann, militante internationale des droits des personnes handicapées

     

    Les outils et les handicaps

    Pour bien comprendre tout le potentiel que les outils technologiques représentent pour les élèves ayant un handicap, il faut bien saisir la relation entre « handicap » et outil technologique. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (2001) toute personne peut, au cours de sa vie, expérimenter une diminution de ses capacités ou de sa santé et par conséquent, développer un handicap. Un handicap est une déficience de la structure ou du fonctionnement du corps qui limite les activités ou restreint la participation et qui est en relation directe entre les conditions de santé et les facteurs environnementaux et personnels de la personne.

    Ces élèves ayant un handicap bénéficient depuis plusieurs années maintenant au Québec et ailleurs au Canada d’une éducation inclusive, c’est-à-dire qu’ils se retrouvent dans les mêmes classes que les élèves qui n’ont pas de handicap.

     

    Réussir cette inclusion pour les élèves qui présentent un handicap nécessite un environnement sans barrières qui permet à ces élèves d’avoir accès à l’information et de pouvoir réaliser les tâches demandées dans la dignité et sans entraves. Si des barrières continuent de leur bloquer la route parce qu’elles sont impossibles à surmonter, des mesures d’adaptation doivent être mises en place. (Ministère de l’éducation de l’Ontario, 2005)

     

    Les technologies perçues comme de la triche

    Une étude de cas portant sur une élève de 11 ans ayant des troubles d’apprentissages incluant une dyslexie, une dysgraphie, des troubles visuo- spaciaux et de mémoire, réalisé en 2008 par Darlene Brackenreed de l’Université Nipissing en Ontario1 soulève plusieurs difficultés d’intégration pour cette élève, incluant une impression de « triche » lors de l’utilisation d’outils technologiques, même si ceux-ci avaient été recommandés suite à une évaluation en ergothérapie.

    D’abord, les enseignants à l’école de cette élève étaient réticents à l’utilisation d’outils technologiques comme mesures compensatoires, puisqu’ils percevaient ces mesures comme de la triche et comme étant injustes pour les autres élèves. De plus, ils n’avaient pas appris à utiliser ces outils et ont exprimé des contraintes de temps et un manque de formation comme étant un frein majeur à leur utilisation.

    Dans un article rédigé en 2010 pour Closing The Gap, une organisation américaine qui promeut l’aide technologique en éducation pour les élèves ayant un handicap, Marlene Mcintosh, Stratège en apprentissage et spécialiste des aides technologiques au Collège Cambrian en Ontario, parle de la perception de tricherie. Elle explique que les élèves qui ont un trouble d’apprentissage croient eux-mêmes qu’il est injuste pour eux d’avoir accès à une aide compensatoire, puisqu’ils veulent aussi pouvoir faire les choses comme les autres. Ils veulent pouvoir lire avec leurs yeux et écrire avec leurs mains. Ils souhaitent sincèrement être comme les autres.

    Selon elle, cette attitude se remarque aussi chez les parents, qui croient à tort que leur enfant deviendra paresseux à force d’utiliser un ordinateur pour lire. Elle explique que selon elle, les parents souhaitent aussi voir leur enfant faire les choses comme les autres. Aucun parent ne veut voir son enfant devoir se démener et avoir des difficultés à l’école.

     

    Le rôle majeur des ordinateurs

    L’utilisation d’un ordinateur et le temps de plus que cela nécessite sont des complications de plus qui s’ajoutent pour des parents qui doivent déjà réussir à naviguer le système scolaire avec un enfant qui a des difficultés. Il n’est donc pas impossible selon elle que des parents tentent de décourager leur enfant de faire les choses différemment. Malheureusement, cette attitude mène certains élèves à croire que tant qu’ils n’arriveront pas à lire et à écrire comme les autres, ils trichent.

     

    Comment confirmer ce besoin technologique?

    Selon Marlene Mcintosh, il est primordial que les élèves voient la valeur des outils technologiques afin qu’ils adhèrent à leur utilisation. Elle propose plusieurs façons de convaincre les élèves ayant un trouble d’apprentissage de l’utilisation des aides technologiques :

    • Montrer à l’élève à quel point l’aide technologique fait une différence pour lui en utilisant un exercice ou un examen qu’il a déjà passé.

      Lui apprendre à utiliser une aide technologique pour lui faire ensuite comparer les résultats du prochain exercice ou examen avec l’aide de l’outil technologique. Est-ce qu’il y a eu une amélioration? Si oui pourquoi, sinon pourquoi, est-ce que c’était le bon outil pour lui? Cette approche collaborative, selon elle, permet à l’élève de faire partie du processus, ce qui le rend plus enclin à poursuivre l’utilisation de la technologie en expérimentant tout son potentiel.

    • Combiner la technologie avec une stratégie d’apprentissage adaptée à son utilisation.

      Cela implique un peu plus de travail auprès de l’élève afin qu’il soit en mesure de suivre les apprentissages en utilisant ses aides technologiques. Un élève qui a un trouble d’apprentissage qui vit des réussites et acquiert plus d’indépendance en utilisant un outil technologique a plus de chances de continuer à utiliser celle-ci.

    • Normaliser l’aide technologique.

      Madame McIntosh explique que dans sa classe, tous les élèves apprennent à utiliser les aides technologiques principalement utilisées par les élèves en trouble d’apprentissage. Tous les élèves ont accès à ces outils. Ainsi, puisque la technologie est disponible pour tous, les élèves qui l’utilisent se sentent moins « différents » des autres. Elle remarque aussi que les élèves qui n’en ont pas besoin n’ont pas tendance à l’utiliser… Puisqu’au final, utiliser une aide technologique est une charge de travail supplémentaire pour les élèves qui n’en ont pas besoin !

    • Le savoir = le pouvoir.

      Les élèves qui ont un trouble d’apprentissage doivent éduquer les autres élèves à propos de leur trouble, mais ils doivent d’abord eux-mêmes bien comprendre de quoi il s’agit. Madame Mcintosh explique que la majorité des élèves de sa classe étaient choqués d’apprendre que les élèves ayant un trouble d’apprentissage ont une intelligence égale ou supérieure aux autres. « Non, je ne suis pas stupide. J’ai un trouble d’apprentissage qui affecte ma capacité à lire et à écrire. C’est pour ça que j’utilise une aide technologique. » Ces apprentissages peuvent grandement aider les élèves à comprendre qu’il ne s’agit pas de triche. Plusieurs organisations offrent des formations aux enseignants dans le but de faciliter ces enseignements.

     

    Le rôle des enseignants

    Un autre point important que soulève Mcintosh, c’est que les élèves sont moins enclins à utiliser les aides technologiques lorsque leur enseignant a une attitude négative envers celles-ci. Parfois, en voulant aider, un enseignant pourrait dire quelque chose comme « Ok, voyons voir si tu peux lire ceci sans l’ordinateur ». Ces paroles peuvent envoyer comme message à l’enfant qui a de la difficulté, qu’il n’essaie pas assez fort. Ce n’est évidemment pas ce que cet enseignant a voulu dire, mais c’est de cette façon que ce message peut être interprété par les élèves.

    Elle souligne encore et encore l’importance d’une formation adéquate pour tous les enseignants sur l’utilisation des aides technologiques. Plus les enseignants seront formés et n’auront pas à se reposer sur des spécialistes pour l’utilisation de ces aides, plus il sera facile pour les élèves d’y avoir accès et que leur utilisation soit normalisée.

    De nos jours, les aides technologiques fonctionnent de pair avec d’autres logiciels dont l’utilisation est très rependue, comme Microsoft Office, les navigateurs Internet, les applications de courrier électronique, etc. Cela implique que les documents de base peuvent être utilisés tels quels pour les élèves bénéficiant d’une aide technologique. Tout de même, il est primordial que les enseignants aient la formation nécessaire à l’utilisation de ces aides.

    La majorité des aides technologiques offrent de la formation. Des guides d’utilisation et des tutoriels sont aussi disponibles. Les enseignants doivent être en mesure d’assister l’élève dans son utilisation du logiciel en étant familiers avec celui-ci afin d’offrir un dépannage de base, rappeler à l’élève comment utiliser certaines fonctions, où aller modifier certains paramètres, etc. Plus l’aide technologique est utilisée par l’enseignant et ses élèves, plus cela devient naturel. Cela permet aussi de rendre cette utilisation « normale » au sein de la classe, et non comme quelque chose de particulier.

     

    Se mettre à leur place

    Finalement, Mcintosh souligne l’importance de se mettre à la place de ces enfants, qui vont à l’école en portant tout le poids de leur trouble d’apprentissage. Selon elle, c’est primordial de faire pour eux cet exercice. La compassion, l’empathie et le temps sont des choses que nous pouvons donner à ces élèves qui ont des difficultés. Récompenser les efforts lorsqu’ils sont présents, pas seulement les résultats, en restant authentique, est un cadeau qui peut littéralement changer la vie de ces adultes en devenir.

     

    Démentir les idées préconçues

    Dans un article publié en 2018 par Learning for Tomorrow NJ2, une organisation pour le soutien de l’utilisation des technologies en classe, certains mythes concernant les aides technologiques sont démentis :

    • Si un élève utilise une aide technologique, il n’apprendra jamais les compétences enseignées.

      Cette affirmation n’est pas tout à fait vraie. Pour certains élèves l’utilisation de l’aide technologique est moins nécessaire ou change avec le temps, puisqu’ils acquièrent justement certaines compétences. Pour d’autres élèves, on peut comparer l’aide technologique à un fauteuil roulant. Ces élèves ne pourront jamais marcher. L’aide technologique leur donne accès à des expériences, des apprentissages et des réussites auxquelles ils n’auraient pas accès sans cette aide.

    • Les aides technologiques ne sont pas de la triche?

      Les aides technologiques devraient être vues comme n’importe quel autre support pouvant compenser un handicap. Porter des lunettes lorsqu’on a un trouble de la vue n’est pas perçu comme de la triche.

      Écouter un texte lu lorsqu’on est aveugle non plus. Il est important de comprendre que ce ne sont pas toutes les personnes qui sont en mesure de lire avec leurs yeux, ou d’écrire avec leurs mains. Certaines personnes ont accès à l’information avec leurs oreilles et écrivent avec leur voix. Il est important de considérer l’objectif de l’apprentissage afin de déterminer si l’accès à une aide technologique est approprié. On peut voir ça comme un changement d’objectif… « apprendre à lire » devient « apprendre à apprendre ». Un élève qui ne peut pas lire n’arrivera pas à apprendre.

    • Qu’arrive-t’il lors d’épreuves standardisées?

      Au Québec, le ministère de l’Éducation permet que les élèves ayant un plan d’intervention dans lequel des fonctions d’aide sont listées aient accès à ces fonctions d’aide lors d’épreuves standardisées. Les mêmes chances de réussir sont donc offertes à ces élèves malgré leur handicap, pourvu qu’on ait fait le processus nécessaire pour que ces élèves aient appris à utiliser ces aides et soient en mesure de le faire.

     

    La calculatrice

    Dans un article de blogue publié en 2016 sur le site texthelp.com3, Andrew Sharp compare la prédiction de mots avec l’arrivée de la calculatrice. Oh combien controversée au départ, la calculatrice fait maintenant partie des fournitures scolaires de la majorité des élèves. Il souligne que l’objectif de la technologie n’est pas d’aider qui que ce soit à tricher !

    Il explique que la prédiction de mots, par exemple, ne peut réfléchir pour l’élève. Elle peut par contre lui offrir un processus de création en écriture beaucoup plus fluent et décomplexifié, en lui proposant les bons mots, bien écrits, ce qui est la principale difficulté des élèves qui ont un trouble d’apprentissage en écriture. Il cite d’ailleurs une recherche (RMC Research (2008). RMC Research Evaluation Brief, Technology for Learning Disabilities Evaluation Summary, Washington, 2008.) qui démontre que l’apprentissage des mots grâce à un prédicteur de mots, où les erreurs sont réduites et la qualité de l’écrit augmentée, est un outil puissant pour encourager de bonnes pratiques d’écriture. La prédiction de mots offre d’emblée la bonne grammaire et la bonne orthographe, permettant ainsi à l’élève de se pratiquer à écrire mieux et sans fautes, au lieu de refaire sans cesse les mêmes erreurs. Cette recherche a d’ailleurs démontré que même lorsque l’aide est retirée, ces élèves montrent d’importantes améliorations au niveau du langage écrit et de la structure des phrases.

    Il explique que la prédiction de mots offre aux élèves un élément essentiel à la réussite de communications écrite, et qu’elle redonne confiance en enlevant la peur de faire des fautes. En offrant des mots bien orthographiés et plusieurs options, la prédiction de mots permet à l’élève d’exprimer exactement ce qu’il voulait dire, au lieu de plutôt choisir des mots selon sa capacité à bien les écrire. Cette façon de faire est révolutionnaire pour les élèves qui ont un handicap !

     

    D’autres exemples d’outils indispensables aujourd’hui

    Dans un article publié en 2018 sur le site Assistive Learning Technology Consulting, on dit ceci : « Personne n’aurait jamais pensé à empêcher Hellen Keller d’utiliser le Braille, puisqu’elle en avait besoin pour lire. Pourquoi alors enlèverions-nous à des élèves quelque chose qui leur offre une opportunité égale de démontrer leurs connaissances? »

    Ces élèves peuvent entendre un discours concernant leurs « privilèges » de la part des autres élèves. Ce discours leur fait croire qu’ils sont effectivement traités différemment de leurs pairs, ce qui peut être très dérangeant pour de jeunes élèves à cette étape de leur vie. Il est très possible que les autres élèves expriment de la jalousie face à ce qu’ils perçoivent comme un « privilège », ne comprenant pas que ces mesures adaptatives sont évaluées et longuement réfléchies par des professionnels qualifiés.

    Il est essentiel pour les parents, les enseignants et les professionnels d’expliquer à l’enfant pourquoi la mesure d’aide est nécessaire. En lui rappelant tous les efforts et la persévérance dont il fait preuve, malgré l’utilisation de l’aide technologique. Une telle conversation avec l’enfant est aussi essentielle afin de permettre de concevoir avec lui des réponses à donner lorsque d’autres élèves souligneront son « privilège ». Par exemple :

    • Mon (trouble d’apprentissage) signifie que je lis plus lentement que la plupart des gens. Ce qui te prend à toi 1 heure à lire me prend à moi 2 ou 3 heures. Il arrive parfois que je ne participe pas aux activités, que je ne sors pas jouer, et c’est parce que je travaille encore sur mes devoirs et mes leçons !
    • M’enlever mon ordinateur en classe, ce serait comme demander à Thomas de ne pas utiliser ses lunettes à l’école !
    • Sans cette aide, je n’arrive pas à écrire les réponses aux exercices, même si je les connais très bien ! C’est comme si tu avais un crayon qui n’écrit pas et que tu échouais à ton examen à cause de ça, alors que tu as travaillé fort et que tu aurais pu réussir si ton crayon t’avait permis d’écrire !

    Après avoir pris conscience des avantages apportés par ces outils technologiques  dans l’apprentissage des jeunes, qu’est-ce qui vous empêcherait de les mettre en place dès maintenant?

     

    1. http://www.ldao.ca/wp-content/uploads/Assistive-Technology-Students-with-LDs.pdf
    2. https://www.njcommonground.org/qa-assistive-technology-2/
    3. https://www.texthelp.com/en-gb/company/education-blog/may-2016-(1)/does-word-prediction-technology-give-students-an-u/
    4. https://assistivelearningtechnologyconsulting.com/the-how-and-why-using-accommodations-are-not-cheating/

     

    Du Québec à Manille… Le parcours extraordinaire d’une orthopédagogue !

    Il y a un peu plus d’un an, nous mettions en place un partenariat afin d’offrir Lexibar aux intervenants travaillant dans un lycée français de Manille, aux Philippines. C’est suite à une belle rencontre avec une orthopédagogue québécoise, ayant des racines en France et résidant maintenant à Manille, que ce partenariat a vu le jour. Son parcours nous a touchés, inspirés et fascinés. Lexibar n’avait jamais voyagé aussi loin!

    De l’autre côté du monde, Eugénie nous raconte son histoire et son parcours extraordinaire. De plus, elle a fondé son entreprise, AIDEOR, qui lui permet grâce à la technologie d’aider à travers le monde des enfants présentant des difficultés et des troubles d’apprentissage, et dont les parents sont déménagés à l’étranger. Nous espérons qu’elle pourra inspirer d’autres professionnels de l’éducation et que vous sentirez toute sa passion et son dévouement à travers ses mots. Merci et bravo Eugénie!

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    Des mythes entourant Lexibar rendent difficile son acceptation dans votre institution scolaire? Démystifions!

    Pas facile de lire des témoignages de parents qui ont des difficultés à faire accepter l’utilisation de Lexibar par l’établissement scolaire de leur enfant.

    Ces parents savent que Lexibar est l’outil le mieux adapté aux difficultés de leur enfant, ils ont ENFIN trouvé le bon outil.

    En privant les élèves en difficulté d’un outil qui fonctionne (enfin) pour eux, on leur enlève la possibilité de développer leur potentiel… et le goût d’aller à l’école.

    Mais pourquoi ces parents se butent-ils ainsi à des obstacles quant à l’obtention d’une aide technologique pourtant facilement disponible dans d’autres institutions scolaires?

    Parce que des mythes persistent au sujet de Lexibar.

    Démystifions!


    ATTENTION :
     Certains éléments de cet article s’adressent principalement à nos clients du Québec, puisqu’ils traitent de mythes entourant l’acception de Lexibar par les institutions scolaires québécoises et le Ministère de l’Éducation du Québec.

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    Le bilinguisme a-t-il une influence sur le développement correct du langage ?

    La méconnaissance autour du bilinguisme contribue à entretenir une méfiance liée à la confusion des langues et au retard dans l’acquisition du français. Effectivement, dans notre système scolaire, maîtrise du français et réussite scolaire sont étroitement liées.

     

    Qu’est-ce que le bilinguisme ?

    Le bilinguisme est la capacité d’une personne à utiliser deux langues comme moyen de communication dans la plupart des situations rencontrées, et de passer de l’une à l’autre si nécessaire. La communication chez le bilingue peut adopter des formes différentes en utilisant une langue, l’autre, ou les deux à la fois, selon les personnes, le sujet ou la situation de communication. Les compétences des bilingues ne sont pas uniformes ; elles fluctuent dans l’une et l’autre langue, suivant l’âge, l’environnement géographique et social. Il existe en fait autant de bilinguismes que de personnes bilingues.

     

    Le bilinguisme peut s’étudier sous divers angles, ce qui va notamment permettre d’établir des types de bilinguisme : 

    On parle de bilinguisme précoce simultané lorsqu’un enfant acquiert 2 langues avant l’âge de 3 ans, dans un milieu bilingue (par exemple si le père de l’enfant est français et la mère espagnole, et que chacun parle sa langue maternelle à l’enfant).

    Le bilinguisme consécutif ou successif se caractérise par l’acquisition d’une seconde langue après le seuil d’environ 3 ans (par exemple en milieu scolaire).

    Soit l’apprentissage est naturel et se fait dans des conditions informelles (famille bilingue, immersion en garderie bilingue…), soit l’acquisition relève d’une situation scolaire (on parle alors de bilinguisme institutionnel).

    L’enfant peut entrer dans le langage avec une ou plusieurs langues ; le plus important est qu’il ait des interactions riches et variées dans ces langues et qu’il y soit fortement exposé pour les acquérir. En effet, à la naissance, les enfants ont la capacité innée de distinguer les sons de toutes les langues du monde. Puis, petit à petit, leur cerveau va cibler les sons des langues qu’ils entendent le plus régulièrement.

     

    Est-ce difficile pour eux d’apprendre une seconde langue?

    L’acquisition de plusieurs langues va se faire tout naturellement chez l’enfant, dans la mesure où il trouvera la nécessité de parler chacune d’elles pour communiquer avec les adultes qui jouent un rôle important dans sa vie (parents, grands-parents, éducatrice…). Plus l’apprentissage d’une langue sera précoce et dans un environnement favorable, plus son acquisition sera rapide et efficace. Habituellement, les premiers mots sont prononcés aux alentours de 1 an, que l’enfant soit exposé à plus d’une langue ou non.

     

    Le bilinguisme nuit-il au développement du langage?

    Pendant longtemps, on a pensé que le bilinguisme causait des retards au niveau de l’acquisition du langage. Or il n’en est rien. Les recherches scientifiques sur ce domaine confirment que les étapes du développement du langage sont globalement les mêmes, que l’enfant grandisse avec une seule langue, avec deux langues simultanément, ou avec deux langues acquises l’une après l’autre (à la maison puis à la garderie par exemple), ou encore avec 3 langues !

    Les dernières recherches montrent que le pourcentage de troubles du langage serait le même dans les populations monolingues ou bilingues (issues des mêmes milieux socio-économiques). Les types de troubles seraient aussi les mêmes dans les deux populations. S’il y a des troubles du langage chez un enfant, ce sont donc plutôt les conditions d’émergence et de développement du langage qui sont à considérer (et non le bilinguisme qui en est responsable).

    Vous pouvez ainsi vous adresser à votre enfant dans la langue qui vous vient spontanément, avec laquelle vous vous sentez le plus à l’aise pour communiquer, chanter des berceuses, raconter des histoires, etc. Cela peut être une langue familiale ou une langue de cœur. L’important est de communiquer au maximum.

     

    L’orthophoniste et l’enfant bilingue

    Le bilinguisme n’est pas une pathologie langagière nécessitant une prise en soin orthophonique systématique. Dans le cas d’une plainte ou d’une inquiétude concernant l’acquisition et le développement du langage chez des enfants bilingues, l’orthophoniste intervient pour réaliser une évaluation orthophonique (si possible en testant les compétences de l’enfant dans ses différentes langues). Au terme de cette évaluation, en fonction des résultats, une prise en soin orthophonique peut être mise en place dans le cas où l’enfant présenterait un trouble du langage.

     

     

    Article rédigé par Aurélie Grossmann, Orthophoniste #4041
    agrossmann@unmuseau.com

     

    Après l’obtention de son Master en Logopédie, en 2005, à l’Université de Liège en Belgique, elle a été chargée de rééduquer des enfants et des adultes atteints de troubles de la communication orale et écrite, ainsi que des troubles de la voix, de la déglutition et de l’oralité alimentaire.

    Mon enfant Dys peut-il vraiment RÉUSSIR?

    Un billet spécial « Journée nationale des Dys » et
    « Octobre – mois de la sensibilisation aux troubles d’apprentissage »

     

    Vous vous posez peut-être la question en tant que parent… ou en tant qu’enseignante, enseignant, ou intervenante, intervenant en éducation.
    Que va-t-il devenir? Va-t-il pouvoir travailler, gagner sa vie?

     

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    lexibar mac

    Un lancement attendu! Lexibar est désormais disponible sur Mac.

    C’est avec une fierté immense que nous lançons aujourd’hui la toute première version de Lexibar disponible sur Mac OS. Cette version tant attendue est maintenant accessible sur le site web et est prête à être installée!

     

    Ce grand projet aura mis beaucoup plus de temps à voir le jour que ce que nous avions planifié au départ. J’ai appris à mes dépens que le développement logiciel est un univers rempli de surprises et d’incertitudes. Cela dit, c’est dans une ambiance festive que nous sommes arrivés au bureau ce matin, avec le sentiment du devoir accompli. Après avoir affirmé de nombreuses fois que cette version verrait le jour sous peu, nous sommes heureux de tenir parole enfin.

     

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