fbpx

La dyslexie et les accommodements professionnels

Les accommodations sont de plus en plus présentes dans les établissements scolaires, mais qu’en est-il des accommodations en milieu professionnel? Malheureusement, l’accompagnement reçu en entreprise est minime voire inexistant. Les personnes ayant un trouble d’apprentissage qui ne parlent pas de leurs difficultés vivent un stress énorme et ce, constamment. L’écart entre l’accompagnement auquel elles avaient droit avant et le nouveau milieu où il est désormais inexistant empire leur sentiment de solitude.

Les troubles d’apprentissage sont trop souvent un obstacle à l’adaptation dans le monde professionnel. C’est très pesant d’avoir un handicap dans le secret. Ces personnes doivent constamment se battre pour ne pas être jugées. Le milieu professionnel est encore plus difficile que l’environnement scolaire, car on exige beaucoup plus d’eux sans rien mettre en place pour les aider. Quelles sont les difficultés auxquelles un employé dyslexique fait face au quotidien, comment il gère son trouble au travail et quelles sont les solutions qui peuvent être mises en place ?

 

Les pistes de solutions

1. Détecter sa dyslexie

Pour avoir des accommodations, il faut déjà savoir qu’on a un trouble d’apprentissage. Dans plusieurs milieux, il faut aussi avoir reçu le diagnostic de l’orthophoniste pour avoir accès aux accommodements (celui-ci doit en plus être renouvelé).

 

2. En parler avec son employeur

Les troubles d’apprentissage sont encore très peu connus bien qu’ils affectent une personne sur cinq. Comme il s’agit d’un handicap invisible, il est essentiel pour l’employé d’en parler avec son employeur afin que celui-ci puisse mettre des mesures en place. Avoir une dyslexie, c’est très pesant au quotidien. Souvent, les personnes qui vivent avec ce handicap invisible sont isolées. Elles n’osent pas parler de leurs difficultés avec leur employeur pour ne pas qu’il remette leurs compétences en question, mais aussi par peur d’être mises de côté que ce soit lors de l’embauche ou auprès de leurs collègues. Cependant, une fois embauchées, elles vivent une angoisse sans fin pour la cacher. 

Lorsque l’emploi en question n’accorde pas d’importance à l’écriture, c’est parfait ! Seulement, il est rare qu’un poste ne nécessite pas d’envois de mails ou de prise de notes, et c’est lorsqu’ils doivent effectuer ce genre de tâche que ça se corse. 

Il est aussi possible d’être reconnu « travailleur handicapé » afin d’obtenir des financements et des outils de compensations en plus des accès à des aménagements pour dépasser ses difficultés. Cette reconnaissance peut aider la personne à se libérer du fardeau de son handicap invisible car, tant qu’on ne le dit pas, les fautes à l’écrit et les incompréhensions peuvent être assimilées à de l’ignorance et l’estime de soi peut en prendre un coup.

 

Des difficultés même avec la reconnaissance

Malheureusement, même avec cette reconnaissance, plusieurs employeurs refusent de s’adapter aux personnes qui éprouvent des difficultés.

« J’ai décidé de monter un dossier MDPH pour avoir une reconnaissance de travailleur handicapé. Après des bilans passés avec une neurologue et une orthophoniste, je suis ressorti avec pas une dysphasie de production, mais des trouble dys, et à la fin de l’année 2020, avec un TDHA.
Malheureusement, je vais pas assez vite et dans ce monde où tous va très vite je ne trouve pas d’emploi. Un patron honnête m’a avoué qu’il a des actionnaires, et qu’il ne pourrait pas me prendre, car je suis trop long. Maintenant, je suis entrain de monter un dossier MDPH pour être dans un travailleur protégé. »
Nathan Marin, multidys de 27 ans, de France.

 

3. Privilégier des alternatives à la rédaction

Plusieurs aménagements sont possibles et accessibles pour les entreprises qui désirent faciliter l’adaptation de la personne dyslexique dans son milieu de travail :

  • Confier les prises de notes des réunions à quelqu’un d’autre ;
  • Raccourcir les échanges par emails ;
  • Fournir des logiciels d’aide, de correction ou d’assistance comme le Lexibar ;
  • Proposer des brainstormings et dessiner vos idées au lieu de les écrire ;
  • Offrir un environnement de travail calme pour aider la concentration ;
  • Donner du temps supplémentaire pour les tâches à l’écrit ;
  • Prioriser les appels téléphoniques à la rédaction de courriels ;
  • Rédiger sous forme de points afin de limiter les erreurs ;
  • Utiliser d’autres astuces personnelles qui vous conviennent.

 

4. Le soutien des collègues

 

Éduquez votre équipe sur la dyslexie pour éviter qu’ils entretiennent des préjugés erronés sur les personnes qui en sont atteintes. Pour pouvoir aider la personne, il faut d’abord comprendre ce qu’elle vit sur une base quotidienne.

Il est important qu’ils comprennent que la dyslexie est un handicap bien qu’il soit invisible. Il ne serait jamais question de juger une personne en fauteuil roulant qui n’arrive pas à monter des escaliers, alors il n’y a pas de raison de juger un dyslexique lorsqu’il éprouve des difficultés que ce soit avec l’orthographe ou ailleurs.

Bien sûr, on sait que dans certaines entreprises, la dyslexie est méconnue et est considérée comme une maladie honteuse. Malheureusement, si vos collègues ne comprennent pas ce handicap, il se peut qu’ils remettent en cause le travail de la personne dyslexique et qu’ils se focalisent uniquement sur lui. 

Le plus important, c’est d’avoir confiance en vos collègues et en leur bienveillance lorsque vous leur en parlez.

 

5. Adapter le style de communication dans l’organisation

Pourquoi ne pas faciliter le traitement de données en écrivant avec une plus grande police ou en utilisant un arrière-plan coloré. Vous pourriez aussi partager vos données vocalement ou à travers des images.

Ainsi, cela changerait la dynamique pour la rendre plus ouverte et accessible aux personnes dyslexiques.

 

 

 

Des accommodations rentables

Ne pas mettre en place des accommodations pour les personnes dyslexiques serait gâcher leur talent. Il ne faut pas voir ces accommodements comme une perte de temps, mais plutôt comme un investissement. Les personnes dyslexiques disposent non seulement de plus de ressources cognitives et de créativité que la moyenne, mais captent aussi plus d’informations et c’est pour cette raison qu’ils ont besoin de plus de temps pour la traiter correctement. Leur laisser du temps pour être eux-mêmes, ce sera le meilleur de vos investissements.

Article précédent

Suggestions d'articles

Aucun commentaire

Laissez un commentaire

%d blogueueurs aiment cette page :